Comment un auteur spécialisé dans l’abstrait se passionne-t-il pour la photo d’illustration ?

La photo abstraite correspond chez moi à un besoin de renouveau en photographie, de même qu’un renouveau personnel et artistique. J’avais commencé comme beaucoup de photographes par de la photo touristique et de nature (ornithologie) avant d’en être déçu. Il me fallait un autre déclencheur personnel. Voici comment il est venu.
Réf. 100620-250.
Bien que cette photo ne soit pas la plus représentative de mon travail abstrait, elle fait le pont avec certaines photos de fleurs
La foultitude de photos de montagne et de nature que j’ai faites dans les années 1975-1981 m’a conduit… à arrêter la photo, malgré des choses intéressantes comme la contribution à la photothèque naissante de la faculté de Grenoble, le tour des belles fleurs de Clarée, où j’habitais, et de la photo animalière.

Je suis revenu à la photographie par le paysage, en laissant la dimension touristique pour chercher autre chose. En utilisant la photo comme écho à ma quête intérieure, j’ai découvert l’abstrait, et ce fut le déclic : j’ai alors voulu devenir professionnel.

Centré sur abstrait et paysages, avec des ponts entre les deux, je me suis remis à arpenter la nature appareil photo en mains. L’aspect naturaliste que j’avais délaissé me titillait, et progressivement j’ai renoué avec l’approche scientifique.

Malgré le potentiel esthétique voire d’abstraction de la photo macro de fleurs, l’approche classique limitée aux belles fleurs de montagne ne me satisfaisait pas. Quant à l’abstrait floral, après m’y être essayé, j’ai vite trouvé ça répétitif.

Le déclic est venu quand j’ai décidé de me remettre sérieusement à la botanique. Tout à coup, la motivation revenait. J’avais une bonne raison de m’intéresser à toutes les fleurs, et notamment celles qu’on ne voit jamais tant elles sont banales, ou minuscules, ou difficiles à déterminer.

J’avais trouvé le pont entre mes motivations scientifiques, pédagogiques et photographiques : sensibiliser par le beau et par la connaissance.

À propos de pont, j’espère que vous verrez dans les deux photos de cet article une parenté très forte. Il est clair que la partie qu’on peut qualifier d’impressionniste de ma démarche personnelle se retrouve dans certains photos florales.


 

Réf. 100620-250.
Calystegia sepium ou Manchette de la Vierge. Certaines espèces se prêtent d’autant plus à une certaine liberté photographique qu’on les reconnaît facilement
Je tenterai plus tard des rapprochements visuels entre certaines photos de fleurs et des photos abstraites, afin de montrer des similitudes de conception et de composition. Mais pour l’instant, je me concentre davantage sur une tache qu’on peut estimer collossale…

Je me suis en effet lancé dans la photographie de la flore de ma région de prédilection. Quand on multiplie les vues pour associer la botanique et l’esthétique, le travail devient colossal. Je me suis fixé comme objectif approximatif 20 photos par espèce.

Sachant que je publierai 10-20 % des photos prises, ratio normal en d’illustration (le taux est souvent inférieur, plus près d’une sur vingt), je vais déclencher un million de fois pour atteindre mon objectif (4000 espèces x 20 photos gardées soit 200 prises = 800 000) !

Comme on le voit, j’ai de quoi m’occuper…

Je vous souhaite de belles joies à visiter mon site, de belles découvertes et plein de choses à lire et à apprendre. Que mon travail vous incite à observer davantage ou à vous y mettre si ce n’est pas encore le cas !

Et n’hésitez pas à aller voir mes photos abstraites et de paysage !
Photo nature : l’âme de la terre
Sommaire visuel des galeries d’abstrait et de paysage