Des photos cent pour cent naturelles

Chacun fait ses photos comme il veut, par goût j’ai choisi de photographier les fleurs sauvages dans leur milieu : par philosophie et pour la joie de sortir, je préfère opérer in situ. Certaines photos seraient plus faciles à réussir en intérieur, mais je n’aime pas ça, tout simplement ! Même pour les fleurs naturalisées ou échappées de jardins, je fais mes photos dans la nature sauvage, jamais dans les jardins ou parcs.
Réf. 100625-312.
Laiteron de plumier, Cicerbita plumieri. La lumière naturelle me paraît supérieure à tous points de vue, mais c’est une question de goût.
cicerbita-plumieri-laiteron-de-plumier

Lumière naturelle

Le flash serait souvent pratique mais je n’aime ni le type de lumière qu’il délivre ni son usage ; j’aime avoir peu de matériel et être mobile. En argentique, œuvrer en lumière naturelle suppose de photographier les jours où l’éclairement est suffisant, et c’est loin d’être toujours le cas même dans le sud.

Avec le numérique, le problème se pose moins. Tout dépend de la qualité de l’appareil en hauts isos. Avec mon boîtier actuel, je suis limité à 1 600 isos, suffisants dans la plupart des cas. À vrai dire, seuls les jours de pluie sont à éviter, et encore.

La photo en lumière naturelle est un régal car il suffit de choisir sa fleur ou de tourner autour pour choisir sa lumière.

On obtient des rendus assez doux qui peuvent paraître manquer de netteté à ceux qui aiment les contours découpés au laser, comme le procurent le flash ou une accentuation trop forte.

Intégrité des végétaux

Je laisse les plantes intactes mais je nettoie autour, en m’assurant bien sûr de ne pas détruire une plante rare. Je ne déplace pas les pierres afin de respecter la petite faune qui habite dessous.

Dans certains cas, pour la détermination ou une vue plus botanique, je coupe ou j’arrache la plante, que je pose sur un fond (route, ciment). Même dans ce cas, les autres photos sont faites avec des pieds laissés intacts.

Matériel

De mon point de vue il a assez peu d’importance, et doit simplement être adapté à son but, ses moyens et ses préférences. Jusqu’en juin 2010 j’étais en argentique, car je préfère son rendu artistique. Depuis je suis passé au numérique, surtout pour des raisons de coût et de praticité.


 

Réf. 12-070-20.
Perce-neige, Galanthus nivalis. Le rendu argentique est spécifique, quoiqu’en disent de nombreux photographes. Les couleurs comportent davantage de noir, certains trouvent même les photos trop ternes.
galanthus-nivalis-perce-neige

En argentique comme en numérique, je n’utilise pas de trépied, qui gêne par trop les mouvements et aboutit souvent à des cadrages stéréotypés. Je préfère augmenter la vitesse. Je suis souvent à f:13 – 1/800e – 800 iso.

Comme objectif j’utilise un 105 macro, depuis peu un doubleur de focale, et bientôt un 60 mm macro. Ce dernier sera plus confortable en format Dx, car je retrouverai la distance à laquelle l’argentique m’a habitué.

Un format Fx serait plus lourd, plus cher, et avec une profondeur de champ plus faible. Or, aux rapports 1:1 à 3:1, on a plutôt tendance à en manquer.

Quant à la marque du boîtier, elle a assez peu d’importance, de même que le boîtier : tous les reflex d’aujourd’hui sont d’une qualité suffisante, le mien est dans la gamme 600 euros. Il offre des performances qui me vont pour un poids et un encombrement minimum.

Manière de photographier

Je préfère la mobilité à toute autre considération. Je cherche, je tourne, je vire et… je me roule par terre ! Aussi, même par temps chaud je suis habillé de pied en cap, avec des vêtements qui résistent aux épines coriaces de la garrigue, des chaussures de montagne et des protections aux genoux et aux coudes. Si vous me voyiez…

Quand je m’apprête à photographier une espèce, je la regarde sous tous les angles. J’évite de multiplier les vues, une habitude de l’argentique ; en numérique, le déclenchement est « gratuit » (il y a quand même l’usure de l’appareil, à prendre en compte quand on déclenche beaucoup) mais il faudra trier ensuite, raison suffisante pour avoir le doigt léger.

Il est rare que je prenne plus d’une dizaine de photos par espèce au même endroit. Pour faire une galerie de 20 photos, il en faudra environ 200, soit dix à vingt lieux. Ça tombe bien, j’aime me promener !