L’amandier, est un arbre introduit cultivé d’orient qui redevient spontané

Qui n’attend la floraison de l’amandier ? Quand j’habitais en montagne, nous descendions chaque année dans les Alpilles voir les premières fleurs, et notamment l’amandier. Nous allions toujours visiter les mêmes amanderaies bien exposées. Aujourd’hui, beaucoup de choses ont changé et bien des amanderaies sont à l’abandon. Quant aux amandiers au milieu des vignes, ils subissent le même sort que la vigne elle-même.
Réf. 110216-137.
Amandier (Prunus dulcis). Un arbre introduit qui fait partie de notre légende champêtre

Dans la friche qu’est devenue une vigne arrachée, il est bien difficile de savoir si un amandier est un vieil arbre témoin d’une époque d’abondance facile (l’époque heureuse de la vigne) ou s’il s’agit d’un arbre qui a poussé tout seul.

Pour les arbres d’un certain âge, je ne pense pas qu’on puisse le savoir. Alors; il suffit de se tourner vers les petits arbres : en fait, l’amandier, bien qu’introduit, se naturalise facilement. Si on ne fait rien, il tend à rejeter d’abord, formant une petite brousse d’arbustes, puis à se replanter un peu plus loin.

Le photo est prise sur un petit arbre, très certainement spontané. Elle a donc un goût de sauvage. Et, comme moi, vous noterez qu’on trouve de plus en pus d’amandiers manifestement sauvages, souvent les derniers témoins d’une ancienne vigne.

Si j’ai photographié les fleurs sur cet arbre, ce n’est pas uniquement par goût du sauvage, mais également par facilité : cette fleur étant à moins de cinquante centimètres du sol, le photographe est davantage à ses aises !

Étonnant, n’est-ce pas, qu’un arbre à peine sorti de terre fleurisse ? Ainsi va l’amandier, un arbre introduit au fort goût de sauvage, doublé d’une beauté nostalgique, de la douceur en ce monde, comme le souligne même son nom latin : Prunus dulcis, la prune douce…


 

Réf. 110216-198.
Prunus dulcis, anciennement amygdalis communis, une espèce en train de retourner à l’état sauvage

L’amandier a été introduit en Égypte par les Hébreux et ramené en Europe par les Grecs puis en Italie par les Romains (pour eux, la « noix grecque »). Introduit dans le sud de la France 400 ans av. J.-C., sa culture commença tout juste à se développer à la fin du Moyen Âge. Les Arabes la répandirent sur tout le pourtour méditerranéen.

Sa culture tombe en désuétude du fait de la déprise agricole, et le temps où chaque famille en avait un ou plusieurs dans son champ est révolu. Même les amanderaies sont abandonnées depuis que la Californie produit 80 % des amandes vendues dans le commerce.